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Autres modes alternatifs de règlement des conflits

Il serait illusoire de penser que la médiation et l’arbitrage peuvent répondre à toutes les situations conflictuelles.

A titre d’exemple, il serait faux de croire qu’un médiateur, nommé pour aider les entreprises à trouver une solution amiable et satisfaisante pour chacune d’elles, puisse réussir sa mission alors que le conflit porte, avant tout, sur un désaccord d’ordre strictement technique ou juridique. Dans ce cas précis, le médiateur, qui n’a pas pour mission de se prononcer sur le fond de l’affaire en donnant un avis (technique ou juridique), outre le fait qu’il outrepasserait sa mission, prendrait le risque majeur de perdre son impartialité et sa neutralité, en décidant de se prononcer sur cette question.

 Sur ce constat, le CMAP a élaboré des produits appelés Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MARC - ADR en Anglais), dont le caractère original et protéiforme garantit aux entreprises de trouver une réponse appropriée aux spécificités de chacun de leurs litiges.

Ainsi, pour parfaire les solutions qu’offrent déjà aux entreprises les procédures de médiation et d’arbitrage, le CMAP a choisi de mettre à leur disposition, outre un mécanisme permettant de conjuguer la médiation et l’arbitrage de manière simultanée, deux règlements spécifiques d’expertise : l’Avis technique amiable et l’Evaluation juridique indépendante.

Avis technique amiable

Définition : procédure qui permet aux parties de solliciter conjointement, d’un expert indépendant, un avis confidentiel sur une question technique (malfaçon, fonctionnement d’une machine, etc.) ou financière (détermination d’un prix ou d’une valeur).

Résultat : les parties conviennent de l’utilisation qu’elles feront de cet avis (base de négociation, élément indicatif, etc.) et peuvent même, le cas échéant, décider de le rendre contraignant.

Avantages : pouvant être engagé à tout moment, au cours de l’exécution d’un contrat ou dans le cadre d’une médiation ou d’un arbitrage, il permet de régler une question technique ou financière et facilite, ensuite, la reprise des négociations (ou de la médiation).

évaluation juridique indépendante

Définition : procédure qui suppose l’intervention d’un tiers-évaluateur ayant pour mission d’aider les parties à évaluer ensemble la manière dont une juridiction pourrait vraisemblablement trancher le litige, interpréter une clause contractuelle et son éventuelle réécriture, ou évaluer un préjudice.

Résultat : une appréciation objective par un tiers indépendant et impartial. Le tiers amorce une réflexion commune avec les parties et émet un avis non contraignant, oral ou écrit, suivant ce qui lui a été demandé.

Avantages : en permettant aux parties d’apprécier la valeur de leurs positions suffisamment en amont du litige, l’évaluation juridique indépendante est une procédure d’aide à la négociation. À la différence d’une consultation traditionnelle, elle permet d’obtenir une évaluation objective par un professionnel du droit qui a entendu les parties et échangé avec elles.

De même, deux autres procédures contractuelles ont été imaginées pour compléter opportunément la gamme de solutions proposées aux entreprises : la Décision d’urgence, sorte de référé contractuel, et la Décision sur Dernière Offre (DDO), mécanisme décisionnel original, auquel les parties recourent souvent en cas d’échec de la médiation.

Décision sur Dernière Offre

Définition : processus par lequel les parties donnent mission à un tiers indépendant, à l’issue d’un échange contradictoire, de choisir l’une des ultimes propositions que chacune d’elles aura formulées.

Résultat : une décision objective et limitée à l’une des dernières propositions émises par les parties. La décision n’a, en principe, pas de caractère contraignant à l’égard des parties, sauf volonté contraire de leur part.

Avantages : une incitation forte à la « surenchère du raisonnable », c’est-à-dire à ce que les parties formulent des propositions sensées et acceptables, afin d’éviter que le tiers choisisse la proposition de l’autre partie. En vérité, c’est un mécanisme qui prendra toute sa dimension en complément d’une autre procédure, soit pour surmonter un blocage dans le cadre d’une négociation ou d’une médiation, soit pour en maîtriser davantage l’issue dans le cadre d’un arbitrage. En ce qu’elle incite les parties à se rapprocher, la décision sur dernière offre constitue également un puissant encouragement à l’accord amiable.

Décision d'urgence

Définition : procédure d’assistance des parties dans la mise en œuvre de leur contrat pour favoriser sa correcte exécution. Elle permet d’obtenir une décision contraignante, dans l'urgence, à un litige né au cours de l’exécution d’un contrat. Cette décision à valeur contractuelle, rapide, exécutoire et confidentielle, est provisoire jusqu’à l'éventuelle décision définitive du juge, étatique ou arbitral, qui statue, le cas échéant, sur le fond. Cette efficacité est rendue possible par la latitude laissée au tiers-décideur pour adapter sa décision aux spécificités du différend. Le tiers-décideur peut ainsi procéder à des visites sur le lieu d’exécution du contrat, voire assortir sa décision de pénalités de retard.

Résultat : la décision du tiers s’impose aux parties, dans la seule mesure où, conjointement, elles ne la remettent pas en cause après totale exécution du contrat.

Avantages : les parties s’engagent à exécuter la décision du tiers-décideur volontairement et sans délai, sans pour autant se priver du droit de la remettre en cause au cours d’une instance engagée à l’issue de l’exécution du contrat. C’est le recours immédiat contre la décision qui est limité. Cela assure la mise en œuvre effective du contrat et évite les risques de voir par exemple un "chantier" stoppé en cas de difficultés.

De la même manière, à l’heure du développement du commerce en ligne, le CMAP met à la disposition des entreprises un mode de résolution des conflits intégralement en ligne. Principalement destiné à la résolution des litiges relatifs aux noms de domaine (en partenariat avec l’AFNIC), ou aux entreprises suffisamment éloignées par la distance pour qu’une rencontre physique devienne problématique, ou habituées à commercer par internet, ce mécanisme permet, via une plateforme internet sécurisée (https://www.aegisolutions.fr), de faire appel aux services d’un tiers pour que celui-ci rende une recommandation, indicative ou contraignante suivant le choix des parties, quant aux modalités de résolution du différend.

Enfin, le CMAP a imaginé un processus de Med-Arb simultanés, alliant à la fois la souplesse de la médiation et le caractère décisionnel de l’arbitrage.

Med-Arb simultanés

Définition : en mettant en œuvre de manière simultanée, mais indépendamment l’un de l’autre, une médiation et un arbitrage, cette procédure originale garantit aux parties de trouver une solution à leur litige par voie amiable grâce à la médiation ou, à défaut, de manière contraignante à l’issue de la procédure d’arbitrage.

Résultat : la garantie d’une solution, amiable ou imposée, au conflit rencontré par l’entreprise.

Avantages : la rationalisation de la gestion du temps consacrée à la tentative de résolution amiable du différend. Une solution sans « perte de temps » en cas d’échec de la médiation, qui n’est plus une phase préalable à l'arbitrage.

Toutes ces « nouvelles solutions » se veulent complémentaires de la médiation et l’arbitrage, les outils « traditionnels » de résolution des conflits du CMAP, et élargissent les champs du possible s’agissant de la résolution de vos conflits.

Pour en savoir plus sur les différents MARC, revenez à la grille des solutions du CMAP et sélectionnez la solution au sujet de laquelle vous souhaitez obtenir plus d’informations.